Avec "Aux frontieres des Indes" (titre anglais "North West Frontier"), Jack Lee Thompson signe une sorte de western britannique (et ferroviaire) à la fois original et distrayant ; il raconte l'histoire d'un maharajah assassinè par des musulmans en rèvolte -comme souvent et cela ne date pas d'aujourd'hui. Le fils de cinq ans du Maharajah doit être mis à l'abri ; il est confiè à un capitaine anglais (incarnè par Kenneth More) qui decide de l'evacuer par train vers la capitale de la Province.
Le scenario bâti par Robin Estridge -et surtout Frank S. Nugent qui etait le scenariste attitre du grand John Ford jusqu'à la fin des annèes 40- nous offre le côtè westernien de cette histoire qui se regarde sans ennui, en nous offrant l'Inde, de grands espaces, de beaux paysages, une figuration importante très bien photographièe en scope couleur (qui rend à la fois le côtè spectaculaire de l'action et l'intimisme chatoyant de certaines scènes), un bon casting avec mention spéciale pour Lauren Bacall et Wilfrid Hyde-White.
Cette sorte de "Chevauchée fantastique made In England se passant en Inde" aurait pu parfaitement fonctionner si le metteur en scene n'avait cru bon de réaliser à plusieurs reprises (et platement) des scènes d'action révélant le nombre et le visage de l'ennemi, alors que juste savoir que l'ennemi est présent tout en en sachant peu sur lui aurait fortement accentué le suspense.
La faiblesse du film vient des personnages (pourtant intéressants et tous interpretes par de tres bons acteurs) que le realisateur ne fait pas évoluer psychologiquement.
Il reste un bon film d'aventures avec un souffle épique comme on savait les réaliser avant, loin des images numériques et des gags lourdingues de ce 21* siecle !