Résumé : Kit Carson et ses hommes se joignent au capitaine Fremont sur la route de la Californie. En chemin, ils sont attaqués par des indiens envoyés par les autorités Mexicaines, peu désireux de les voir atteindre la Californie qui fait partie du Mexique...
Alors qu’il fut le héros d’innombrables BD et romans, Kit Carson n’a jamais vraiment été mis en avant au cinéma, contrairement à d’autres célèbres aventuriers et trappeurs tels Daniel Boone (avec qui il eut des liens de parenté) ou Davy Crockett. C’est d’autant plus curieux et dommage de ne pas l’avoir croisé plus souvent sur grand écran que sa vie fut sacrément mouvementée et qu’il fit partie des plus grands pionniers de l’histoire américaine, l’un de ceux à l’origine des mythes fondateurs du Far West.
Il naît dans le Kentucky en 1809. Orphelin de père à l’âge de sept ans, il doit dès lors travailler à la ferme familiale, puis trouve un emploi dans une sellerie au départ de la piste de Santa Fe. Là, il écoute le récit des aventuriers et trappeurs qui parcourent le pays jusqu’au Far West. A l’âge de 16 ans, des rêves d’aventure plein la tête, il part à son tour à la découverte du continent en s’engageant comme palefrenier dans une caravane de marchands. En 1829, il effectue sa première saison en tant que trappeur, qui le conduit jusqu’aux territoires apaches encore inexplorés. Il va tour à tour épouser une Indienne Arapahoe (qui décède en couches), une Indienne Cheyenne (qui l’abandonne pour suivre la migration de sa tribu) puis enfin une fille de bonne famille de 14 ans.
En 1842, il retourne dans l’Est afin de confier sa fille de son premier mariage à des parents afin qu’elle reçoive une bonne éducation. Au cours de ce voyage, il rencontre sur un bateau à vapeur John C. Frémont, qui se prépare à conduire une expédition à South Pass et qui cherche un guide. Kit accepte et ce périple de cinq mois pour cartographier la région est un succès.
En 1843, Frémont et Carson partent cartographier la seconde moitié de la piste de l’Oregon et se retrouvent en Californie alors sous domination mexicaine. Ils doivent vite rebrousser chemin pour ne pas déclencher une guerre. Nous arrivons en 1845, l'année à laquelle démarre le film de George B. Seitz et la troisième expédition de Frémont.
Dans "Kit Carson", ce sont les colons qui s’élèvent contre la dictature et les exactions des Mexicains, et les Indiens sont des sauvages sans foi ni loi, armés par les diaboliques mexicains - la civilisation dans l’Ouest sauvage étant apportée par les bons Blancs américains, seuls garants des libertés.
Si ce manichéisme aveuglant et le viol de l’histoire ne vous rebute pas (il ne faut pas oublier que le film est tourné en 1940 et que les auteurs poussent à l’interventionnisme américain dans le conflit mondial qui fait rage), vous trouverez ici un film d’aventures d’une belle efficacité, tant au niveau de l’écriture que de la mise en scène.
Jon Hall en Kit Carson parvient à faire oublier par sa belle prestance les premiers acteurs pressentis pour le rôle (pas moins que Victor McLaglen, Randolph Scott, Joel McCrea et Henry Fonda), Dana Andrews est très bien dans la peau de John C. Fremont et la charmante Lynn Bari assure le premier role féminin et Ward Bond est un trappeur chaleureux avec pour arme un boomerang : tous se montrent parfaits dans leurs rôles respectifs. A noter : la présence de Clayton Moore et Jay Silverheels, qui seront peu après les célèbres Lone Ranger et Tonto.
Le film est dynamique, épique, vigoureux, chaleureux, ne manque pas d’humour, file à 100 à l’heure et il faut bien avouer que cela est très plaisant sur toute la durée, malgré un petit ventre mou à mi-parcours. On ne s’attendait vraiment pas à trouver un film indépendant aussi spectaculaire pour l’époque. Cela est dû à l’exigence et à l’éthique du producteur Edward Small à la carrière plus qu’intéressante, au talent du réalisateur George B. Seitz qui a déjà donné précédemment une très bonne version du Dernier des Mohicans, et au réalisateur de seconde équipe, Arthur Rosson, qui nous offre quelques plans assez époustouflants sur Monument Valley.
C'est la version colorisée qui est présentée ici.