Synopsis : Membre d'un gang de trafiquants, Bastien Sassey (Serge Reggiani) transporte de Marseille à Paris un ballon de foot contenant de la drogue. Afin d'éliminer un gang rival ce ballon est remplacé, sur une idée de son chef, par un ballon en plastique chargé d'explosifs qui tombe entre les mains d'un groupe d'enfants qui joue à proximité ...
D'après le roman éponyme (Prix du Quai des Orfèvres en 1956) de Noël Calef (frère du réalisateur Henri Calef), Gilles Grangier (qui a élaboré avec Pierre Very et Noël Calef le scénario de ce film) signe un bon film policier au doux parfum des années 50. Il est en plein dans sa période « Gabin » quand il réalise « Echec au porteur »; il vient en effet de terminer « Le rouge est mis » son quatrième film en collaboration avec l’acteur et s’apprête à mettre en chantier « Le désordre et la nuit ».
Le scénario est simple (deux gangs s'affrontent pour la possession d'un ballon de football censé renfermer une importante quantité de drogue qui a été remplacée par une bombe), mais mené tambour battant, à la façon des séries B américaines, faisant l'éloge des techniques policières (de l'époque) ; l'enquête reflète les méthodes modernes de la police dans sa progression irréductible et présente une police hyper-réactive (restez calme ; c'est de la fiction). Les péripéties sont bien agencées, la tension croissante, et les personnages intéressants, quoiqu’un rien caricaturaux.
Coté casting, on retrouve dans ce film d'hommes : Gert Fröbe en truand, Paul Meurisse olympien dans son rôle de commissaire divisionnaire, Serge Reggiani pitoyable à souhait dans sa prestation habituelle de loser et les ravissantes Jeanne Moreau, désabusée, dans un rôle de second plan, et Simone Renant (actrice trop rare) en mère d’un petit garçon, délaissée par son mari qui en fréquente une autre ... et les femmes qu’on ne voit pas, qu’on entend au téléphone pour le commissaire Varzeilles, que l’on évoque chez elles, quand elles croient leurs maris inspecteurs en train de faire la bringue alors qu’ils sont sur le terrain. Des femmes effacées, discrètes, sans relief qui décorent l’intrigue : récit qui parle d’une autre époque.
Ce film à suspense, au rythme soutenu est agréable à suivre car sans grande prétention artistique. Gilles Grangier fera plus efficace un an plus tard avec « 125, rue Montmartre » avec Lino Ventura en vedette.