🎤 Genesis – When in Rome 2007
En juillet 2007, Genesis clôt sa tournée Turn It On Again par un concert monumental au Circo Massimo de Rome, un lieu chargé d’histoire qui donne à l’événement une dimension presque cinématographique. Plus de 500 000 personnes se rassemblent pour assister au retour du trio Banks–Rutherford–Collins, reformé pour la première fois depuis plus de quinze ans. When in Rome, publié en 2008, capture cette soirée avec une ampleur rare, mêlant précision musicale, émotion collective et une mise en scène qui marque l’un des sommets visuels du groupe.
Dès les premières minutes, Phil Collins apparaît concentré mais visiblement heureux de retrouver la scène avec Genesis. Sa voix, légèrement marquée par le temps, conserve une chaleur et une expressivité qui donnent aux classiques du groupe une profondeur nouvelle. Tony Banks et Mike Rutherford, eux, affichent une maîtrise tranquille, presque sereine, comme s’ils retrouvaient un langage qu’ils n’avaient jamais vraiment cessé de parler. Plusieurs membres de l’équipe ont raconté que les répétitions romaines avaient été parmi les plus fluides de la tournée, Collins plaisantant même qu’il « connaissait encore les chansons mieux que ses propres souvenirs ».
La scénographie, conçue pour être visible par une foule immense, joue un rôle central dans le concert. L’arche lumineuse, véritable signature de la tournée, se déploie au-dessus de la scène comme une structure vivante, changeant de couleur et de forme au fil des morceaux. Lors des répétitions, les techniciens avaient dû recalibrer l’ensemble à cause de la chaleur romaine, qui faisait légèrement se dilater certaines parties métalliques. Ce détail technique, invisible pour le public, témoigne de l’ambition visuelle du spectacle.
Musicalement, When in Rome alterne entre les titres emblématiques de l’ère Collins et des morceaux plus anciens, réarrangés pour l’occasion. Mama devient l’un des moments les plus intenses de la soirée, porté par un jeu de lumières rouge sombre qui enveloppe la scène. Collins, assis à cause de ses problèmes de dos, parvient pourtant à donner à la chanson une tension presque théâtrale. Plusieurs spectateurs ont raconté que, malgré la distance, on sentait physiquement la montée dramatique du morceau.
L’interprétation de Ripples offre un contraste saisissant. La douceur du titre, soutenue par les arpèges de Banks et la guitare délicate de Rutherford, crée un moment suspendu au milieu d’un concert gigantesque. Collins, qui avait hésité à inclure la chanson dans la setlist, aurait finalement accepté après que Rutherford lui a rappelé combien ce morceau comptait pour les fans de longue date. Cette anecdote illustre bien l’équilibre recherché par le groupe : satisfaire le public sans céder à la facilité.
Le final, porté par Invisible Touch et I Can’t Dance, transforme le Circo Massimo en une mer de silhouettes en mouvement. Collins, malgré ses limitations physiques, parvient à entraîner la foule avec son humour habituel. On raconte qu’avant de monter sur scène, il aurait lancé à l’équipe : « Si je ne peux plus danser, au moins je ferai danser Rome », une phrase qui résume parfaitement l’esprit de la soirée.
La captation met en valeur l’ampleur du lieu, la précision du groupe et l’énergie d’un public venu de toute l’Europe. Les plans larges montrent l’immensité du Circo Massimo illuminé, tandis que les gros plans révèlent les regards complices entre les trois musiciens. When in Rome n’est pas seulement un concert filmé : c’est un témoignage d’un groupe qui, malgré les années et les épreuves, retrouve une cohésion presque intacte.
Pour Popcorn Concerts, ce film représente l’un des documents les plus impressionnants de la fin de carrière de Genesis. Un concert où la nostalgie ne prend jamais le pas sur la performance, et où la musique, portée par une mise en scène spectaculaire, trouve un écrin à la hauteur de son histoire.