Une des plus belles comédies musicales de l'époque contemporaine. Peut-être la plus belle.
Avec « Victor Victoria » (remake du film allemand datant de 1933 « Viktor und Viktoria »), Blake Edwards nous emmène à Paris dans les années 1930 suivre Victoria, une chanteuse classique qui ne trouve plus aucun succès, qui va devenir Victor après une rencontre avec un homosexuel quinquagénaire. Le succès reviendra mais certains vont commencer à se poser des questions ... et tomber amoureux de lui/elle ...
Emmené par d’excellents comédiens, Julie Andrews en tête dans un « double rôle », Blake Edwards nous livre une amusante, charmante et intelligente comédie musicale. L’ensemble est agréable et bénéficie de très bons dialogues, d’un déroulement convaincant et de bons numéros musicaux. A travers le portrait de cette femme qui doit se déguiser et mentir, il aborde les thèmes de l’apparence et de l’ambiguïté sexuelle, tout en livrant un plaidoyer pour la tolérance. Néanmoins, la seconde partie, sans être désagréable, est un peu moins rythmée que la première. En plus d’une grande Julie Andrews, les autres interprétations sont excellentes , notamment Robert Preston dans le rôle de Todd et James Garner dans celui de King Marchand. Mention particulière à l'excellente musique d'Henry Mancini.
Le comique du film doit aussi beaucoup à ce qu'implique l'idée du travestissement, à savoir une moquerie de l'homophobie et de la virilité déguisée - ce qui n'empêche pas le cinéaste d'aimer ses personnages en effaçant leurs différences d'ouverture d'esprit pour les faire virevolter dans un spectacle dynamique et rythmé, mis en abîme par les séquences de danse qui expriment le plaisir du jeu et l’enthousiasme à mettre en scène.
Comédie musicale charmante, abordant avec humour et intelligence plusieurs thèmes compliqués (l'illusion et ses conséquences énormes, le regard d'autrui), et emmenée par une excellente Julie Andrews, "Victor Victoria" (titre anglais : "Victor Victoria") est un film joyeux et pleinement revigorant. A ne pas manquer.
Un tel film serait difficile à réaliser en 2024 ; cela donne une idée de l'influence du wokisme et du recul de l'intelligence, de la liberté d'expression et de la vraie tolérance dans les sociétés occidentales, notamment la France.