À la naissance de Tanguy (Éric Berger), son fils unique, Édith Guetz (Sabine Azéma) lui dit : « Tu es tellement mignon, si tu veux tu pourras rester à la maison toute ta vie. »
À vingt-huit ans, Tanguy est encore chez ses parents. Diplômé de Sciences Po et de l'ENS Ulm, enseignant à l'INALCO, préparant une thèse sur l’émergence du concept de subjectivité en Chine ancienne et maîtrisant le chinois et le japonais, il pourrait entièrement s'assumer et quitter le nid familial. Mais il persiste à rester, aimant par-dessus tout ses parents, qu’il décrit comme « intelligents, ouverts, généreux, qui m’ont laissé toute latitude pour faire ce que j’aime ».
Bien qu’ils ne le lui laissent pas voir, ses parents, Paul (André Dussollier) et Édith, sont de plus en plus agacés à l’idée de le voir rester à la maison, qu’il fréquente comme un hôtel, allant ou sortant à n’importe quelle heure ou y ramenant ses conquêtes d’un soir. Cette irritation augmente davantage lorsque Tanguy leur annonce qu’il va retarder sa thèse d’un an au moins. Odile (Hélène Duc), la mère de Paul, prédit quant à elle que « le Pékinois » restera encore de longues années à leurs crochets et leur reproche leur manque de fermeté. Édith consulte régulièrement un psychiatre pour lui expliquer ses rêves de meurtre ou de mutilation envers son fils.
La première technique mise en œuvre par ses parents consiste à le dégoûter de la maison, afin qu’il parte de lui-même. Ils jettent ou abîment des vêtements lui appartenant, le père dévisse sournoisement une vis de la barre de seuil de la salle de bains pour qu’il se blesse en marchant pieds nus, la mère cache des aliments défraîchis pour rendre l’odeur de sa chambre désagréable et réquisitionne la pièce qu’il utilisait comme bureau, pour le contraindre à rester dans sa chambre. En outre, elle fait un maximum de bruit dans la maison lorsqu’il travaille, ou coupe intempestivement l’électricité lorsqu’il rédige sa thèse sur son ordinateur. Tanguy ne se décourage pas et, au cours d’une conversation avec sa grand-mère, il évoque la piètre opinion qu’il a de la vie en solitaire, comparant la tristesse de vie d’un ami récemment installé en appartement avec ce qu’il considère comme son « bonheur de tous les jours » auprès de ses deux pa