BIG BOSS A BORNEO annonce immédiatement la couleur de part son titre hallucinant de bêtise (la version originale s’avère d’ailleurs tout aussi hilarante : « Bruce Lee In New Guinea ») : une pure série Z kung-fu comme il en pullulait à la fin des seventies. Les nombreux successeurs de Bruce Lee se bousculaient alors aux portillons de la gloire et Bruce Li (alias Ho Chung Tao) était sans doute le plus célèbre et le plus doué, devant Bruce Le et Dragon Lee. Ce courant, dénommé « bruceploitation » par les amateurs, donna bien sûr beaucoup plus de daubes que de chefs d’œuvres, ou même de films simplement corrects, mais a gardé ses fans, lesquels apprécient les efforts souvent pathétiques des imitateurs de Bruce Lee, bien moins doués que lui cela va sans dire.
Sans doute fatigué de copier le Petit Dragon dans des métrages comme GOODBYE BRUCE LEE ou FIST OF FURY 2, Bruce Li participe à un gros délire très sérial mélangeant aventures exotiques, arts martiaux et fantastique, saupoudré d’une pincée d’horreur et d’un doigt (bien placé) d’érotisme. Si le film mérite totalement le qualificatif de nanar il n’est pourtant jamais ennuyeux, bien au contraire! Le scénario multiplie les rebondissements idiots, les envoutements stupides et autres twists pour maintenir l'intérêt et, incroyablement, la recette fonctionne, à condition évidemment de ne pas se monter trop exigeant.