Les Sentiers de la gloire (Paths of Glory) est un film de guerre américain de Stanley Kubrick se déroulant pendant la Première Guerre mondiale. Le film, en noir et blanc, sorti en 1957, est inspiré du livre du même titre de Humphrey Cobb paru en 1935.
En 1992, Les Sentiers de la gloire est sélectionné pour être conservé par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès américain pour son « importance culturelle, historique ou esthétique
En 1916 en France, lors de la Première Guerre mondiale : la tactique de la guerre de tranchées a mené à l’enlisement. Des assauts réguliers, inutiles et meurtriers sont cependant organisés pour essayer de prendre le dessus sur l'ennemi.
En faisant miroiter un avancement, le général de division français Broulard incite le général de brigade Mireau à lancer un de ses régiments à l'assaut d'une position allemande très solide, située au sommet d'une colline fortifiée et très bien armée : la Fourmilière, sans renforts ni préparatifs et avec peu de préparation d'artillerie. Lors de l'assaut des forces françaises, le régiment du colonel Dax est repoussé par le feu ennemi, il subit de lourdes pertes et doit se replier. Observant la scène et s'apercevant qu'une partie des hommes n'a pas quitté la tranchée, le général Mireau ordonne de tirer au canon sur ses propres troupes pour les forcer à attaquer, ordre oral auquel l'officier d’artillerie refuse d'obéir.
Devant ce refus d'obéissance, le général Mireau traduit le régiment en conseil de guerre (cour martiale) pour « lâcheté devant l'ennemi », ordonnant qu'une centaine de soldats soient fusillés. Le colonel Dax refuse, jugeant cette initiative révoltante et barbare, le général Broulard fait un compromis : seuls trois hommes, un par compagnie, seront jugés.
Le colonel Dax, avocat dans le civil, demande alors l'autorisation au général Broulard de défendre les trois hommes qui seront désignés. Mais, malgré son talent et sa motivation, il ne parvient pas à faire fléchir les juges pour qui la sentence ne fait aucun doute : les soldats seront fusillés le lendemain.
En dernier recours, le colonel Dax décide de retrouver le général Broulard pour lui apporter les preuves que le général Mireau a ordonné à son artillerie de tirer sur ses propres troupes. Cela n'empêche pas l'exécution des trois soldats, mais le général Broulard ordonne une enquête sur les agissements du général Mireau et offre le commandement de la brigade au colonel Dax, croyant que celui-ci a agi par pure ambition. Écœuré par le cynisme de Broulard, Dax refuse cet avancement et retourne auprès de ses hommes.
Il est attiré par les cris et les sifflements de soldats entassés dans un bar. Une jeune Allemande est présentée sur une scène, en larmes, moquée par les soldats ; elle se met à chanter, les hommes se taisent, émus par la chanson. Ils iront même jusqu'à chanter avec elle. Un nouvel ordre parvient au colonel : les hommes doivent retourner immédiatement au front, mais il leur permet de rester dans ce bar quelques minutes de plus.
Les Sentiers de la gloire s'inspire de plusieurs faits réels. Pendant la Première Guerre mondiale, environ 2 500 soldats français ont été condamnés à mort par les conseils de guerre, dont un peu plus de 600 furent réellement fusillés « pour l'exemple » par l'armée pour des motifs divers (abandon de poste, mutilations volontaires, refus d'obéissance…), les autres ayant vu leur peine commuée en travaux forcés.
Le réalisateur Stanley Kubrick s'appuie principalement sur l'affaire des caporaux de Souain où le général Réveilhac aurait fait tirer sur l'un de ses propres régiments (le 336e régiment d'infanterie) dont les hommes refusaient de sortir des tranchées lors d'un assaut suicidaire contre une colline occupée par les Allemands, avant de faire exécuter quatre caporaux le 17 mars 1915. Ces soldats (trois originaires de la Manche : Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Louis Girard ; et un d'Ille-et-Vilaine : Lucien Lechat) seront réhabilités en 1934 grâce à l'action de la femme de Théophile Maupas, l'institutrice Blanche Maupas. Un monument est d'ailleurs toujours visible à Sartilly (Manche) commémorant leur réhabilitation, ainsi qu'à Suippes (Marne). Au début de la guerre de 1914-1918, la justice militaire était devenue une justice d'exception depuis des décrets d'août et septembre 1914 : le sursis, le recours en révision, les circonstances atténuantes et le droit de grâce étaient supprimés.